Les Passagers de l'Anna C. / Laura Alcoba. - Gallimard, 2011. - (Blanche)

1966, Manuel et Soledad, les futurs parents de l’auteure, tout feu tout flamme, décident, avec quelques amis, de quitter l’Argentine pour vivre leur amour librement et satisfaire leur soif de la Révolution. Pour tromper les agents américains, ils passent sous de faux noms par Paris puis Prague avant d’atterrir à Cuba. On y attendait des experts, on y découvre de grands ados en mal de sensations fortes. Tant pis, il faudra faire avec. Durant un an, de camp d’entraînement en camp d’entraînement, on les prépare à l’action. Lorsque le grand jour arrive enfin, ils apprennent que le Che qu’ils idolâtrent a été tué. L’équipée prenant de plus en plus l’allure du Désert des Tartares, il ne reste plus qu’à rentrer, penauds, en Argentine avec prudence. Le retour se fera en évitant le Paris de mai 68, via Prague, Vienne, Gênes, Madère, le Brésil et, faute de moyens suffisants pour prendre l’avion, sur le bateau l’Anna C. Manuel et Soledad rentre au pays avec un bébé prénommé Laura dans les bras. La totalité des Argentins qui les accompagnent dans ce voyage ne tarderont pas à avoir un destin tragique. Tel le Petit Poucet, Soledad jette des couches sales à la mer, comme si un jour, sait-on jamais, il allait falloir retrouver le chemin de l’Europe. Une reconstitution très bien faite, dans un style simple et agréable. 

Avis : ***

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