Mog et Bunny / J. Kerr. - Albin Michel, 2017

Mog a reçu en cadeau un petit lapin en peluche, Bunny, et ne le quitte plus. Pour jouer, dormir, se balader... Partout, à toutes les heures du jour et de la nuit, Bunny accompagne Mog. « Quelle horrible sale chose » s'exclament M. et Mme Thomas devant le lapin devenu très sale.
Et un soir, le drame : Mog perd Bunny et ne se console pas. Chagrin partagé par les enfants Thomas qui restent solidaires de leur chat.
Ces scènes familiales autour du chat, vivantes, tendres et généreuses, font de cette série une grande réussite.
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L'heure des papapis / L. Major ; F. Ockto Lambert. - Circonflexe, 2017

La maîtresse sème une pagaille généralisée avec sa consigne : elle a demandé aux papas de venir jeudi chercher leur chérubin à la sortie de l'école. Le festival des excuses et de la mauvais foi est lancé, chaque papa, décontenancé, paniqué, se défausse. Mais les mamans trouvent la parade, patiemment, amoureusement. Au final, qui trouvera à s'en plaindre ?
L'heure de l'école vue par des papas animaux, sous l’œil vigilent des mamans, avec quelques gentilles piques, pour un album expressif et dynamique dans les dialogues comme dans l'illustration.

Le Snurtch / S. Ferrell ; C. Santoso. - Alice, 2017. - (Histoires comme ça)

Julie est fort contrariée car le Snurtch la parasite sans cesse à l'école : il fait des bêtises, agresse les autres, rote, dit des gros mots... Punitions en série forcément, mais c'est toujours Julie qui est accusée à sa place ! Alors un jour Julie se concentre et dessine le responsable de ses méfaits. Le début d'un dialogue libérateur avec ses camarades de classe (mais pas avec la maîtresse !).
Si le texte désigne clairement le Snurtch comme le fauteur de troubles, l'illustration joue sur l'ambivalence : Julie et le Snurtch mêlent leur corps tandis que les expressions se distinguent. 
Une manière singulière et très graphique d'évoquer les parts d'ombre, les instincts jaloux voire violents et l'importance d'en prendre conscience, pour mieux les apprivoiser, et de verbaliser, pour se sentir moins seul.

Y aura quelqu'un / T. Scotto ; Csil. - Frimousse, 2017. - (La question)

2 copains se promènent. L'un raconte, très prolixe, une anecdote (interminable), l'autre écoute tout en s’inquiétant de ce qui l'entoure : un cerf aux bois emmêlés, des combats disproportionnés, un bateau en détresse... « T'inquiète, y aura quelqu'un... ! » lui répond le premier, obnubilé par son histoire. Égoïsme et je-m’en-foutisme d'un côté, prise de conscience avortée de l'autre, l'issue sera radicale. 
Deuxième opus de cette collection qui nous interroge, pose ici la question de notre responsabilité. Mais il ne s'agit pas tant d'une question -au vu de l'issue- mais d'un constat : si l'on reste indifférent ou même témoin concerné mais inactif de ce qui se passe dans le monde (souffrance, drames écologiques, guerres, migrations...), nous en souffrirons d'une manière ou d'une autre.
Parti pris narratif et illustrations ne sont pas d'une grande limpidité mais le message vaut que l'on prenne le temps de s'y pencher.

Bye bye bollywood / H. Couturier. - Syros, 2017

Nina est aux anges : sa mère vient de leur annoncer qu'elles partent 3 semaines en Inde. Le pays de Devdas, des Bollywood chatoyants et chantants ! Elle aurait pourtant dû se méfier, elle sait que sa mère est du genre « écolo yoga zen ». C'est donc dans un ashram que Nina, sa petite sœur Garance et leur mère se rendent, où le silence est d'or et les activités exclusivement consacrées au yoga, à la méditation et aux tâches collectives. « Les gens n'étaient pas là pour échanger mais pour cheminer intérieurement. »
« Je suis une fille normale de 15 ans. Le poulet tandoori j'adore, mais avec une connexion Internet haut débit ! » Pour parachever le tableau, il n'y a que 2 autres enfants, une petite de 5 ans et Jésus, un premier de la classe ! Nina râle, mais Nina est intelligente et tente de ne pas se braquer. Son voyage pourra alors prendre une autre saveur.
Elle tombe nez à nez avec Sampat Pat, activiste féministe et égalitariste, et comprend que « le pays de la non-violence ne l'est pas pour ses femmes et ses enfants, comme si Gandhi n'avait pas eu le temps de s'occuper de tout le monde. » Si les lois et les mentalités évoluent, les traditions persistent dans certaines régions de l'Inde. Ainsi Fulki, leur voisine de 15 ans, doit se marier avec un homme de 35 ans son aîné. Nina, Garance et Jésus ne peuvent rester insensibles à cette injustice, tout en comprenant que l'Inde n'est pas l'Europe.
Voilà un roman tonique, avec une ado aussi bougonne qu'attachante car elle ne s’arque-boute pas sur ses a priori et joue de ses complexes. La relation mère fille est savoureuse, autant que celle qui lie Nina à sa petite sœur, et on passe un très bon moment de lecture tout en balayant -certes de façon légère- quelques aspects de la société indienne.
 « Comme dans de nombreux pays du monde,
la femme n'a de vertu que si elle est soumise à l'homme. »

Chat chelou / B. Heena. - Picquier, 2017

Chat chelou est terriblement glouton. Vorace même. Du genre à engloutir un œuf tout rond sans mâcher. Cela peut avoir des conséquences pour le moins inattendues : Chat chelou défèque/accouche d'un adorable poussin. Désappointement. Chat chelou trouvera pourtant que faire, et même avec grand talent. 
L'histoire est somme toute classique mais l'illustration, aux teintes grises et jaunes, est incroyable d’expressivité.
Les postures pataudes et timidement tendres en contradiction avec son physique patibulaire type pitbull nous rendent ce chat chelou complètement irrésistible.
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Dans la forêt de Hokkaido / E. Pessan. - Ecole des loisirs, 2017. - (Médium)

Julie a souvent eu des expériences de télépathie, à deviner ses notes ou retrouver des objets perdus. Mais les cauchemars qui l'assaillent ces dernières nuits sont d'une tout autre nature, d'une puissance vertigineuse : elle se retrouve dans la peau d'un jeune garçon réellement abandonné -elle l'a appris dans la presse- dans une forêt du Japon. Avec lui, elle expérimente de façon sensorielle des émotions qu'elle pensait ne jamais connaître : l'effroi de l'abandon, la faim « terrible et effrayante ». Elle comprend bientôt que si cette expérience est aussi vive, si réelle, c'est qu'elle a des résonances avec sa propre vie.
Ce roman atypique nous plonge dans l'angoisse, ressentie à la mesure du soulagement qui suit, et pousse l'empathie à son paroxysme. Du père venant en aide aux réfugiés, à la fille qui met sa vie en danger en "accompagnant" le petit garçon perdu en forêt, on mesure ce que serait le monde si chacun s'ouvrait davantage à la solidarité, si chacun acceptait de se confronter et de s'impliquer face aux « questions inquiètes que pose le monde ».
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Le collège des éplucheurs de citrouilles / L. Deslandes. - Ecole des loisirs, 2017. - (Médium)

Au collège de Trégondern, on n'étudie point l'anglais mais l'estonien, pas l'informatique mais le langage, par le biais de marionnettes tchèques. On y mange bio, certains profs font cours en chaussons. L'ambiance y est amicale, voire familiale. Forcément, l'effectif se réduit à 30 élèves.
« Les habitudes sont un langage. Des rendez-vous non pris mais honorés. »
Mais voici qu'en cette rentrée arrivent de nouveaux élèves, des internes qui certes font gonfler le chiffre des élèves mais bouleversent les habitudes. Des internes, et surtout, le terrible Henrique avec « son agressivité permanente, sa hargne contre le réel. » Et le réel à Trégondern, en plus de tout le reste, c'est l'absence de réseau : aucun moyen d'utiliser un téléphone portable ni internet ! Et c'est un choix politique !!! Inconcevable pour ces citadins qui n'entendent pas se laisser faire.
Il y a un fossé entre Trégondern où tout est douce routine, où la nature tient une place prépondérante, où tout le monde se connait et les citadins hyperconnectés qui traitent de pd et se castagnent au moindre prétexte. Certes, l'auteur joue sur les stéréotypes en forçant sur la caricature mais les antagonismes sont sujets à rire et l'histoire qui se noue entre Péline et Eliott apaisera les tensions. 
Exubérant et rafraichissant. 
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Handi-Gang / C. Zina. - Libertalia, 2017

Ils sont une dizaine, atteints de divers handicaps, rassemblés au sein du Handi-Gang par la même détermination : cesser d'être résignés et faire en sorte que le monde s'adapte à eux. Ils veulent dénoncer l’oppresseur : l'État, les valides, « tous ceux qui profitent des installations inaccessibles sans les boycotter, tous ceux qui savent et qui ne font rien. » Les revendications sont nombreuses, Sam en est le porte-drapeau, lycéen charismatique en fauteuil ; mais il se voit bientôt disputer le rôle de leader naturel par un certain Isaac qui préfère à la légalité qualifiée de molle, l'action violente et enragée. Le mouvement s'élargit bientôt à d'autres injustices, divisant les membres sur les choix, sur les modalités d'action.
Le roman est foisonnant de personnages dont on découvre l'histoire et le handicap, donne particulièrement la parole à Sam et sa mère, tous deux portés par la même envie de rendre la société plus juste, en questionnement sur les meilleurs moyens d'y parvenir. La narration, nerveuse, vivante, est au service d'une contre-culture résolument positive qui donne une visibilité à tous ceux qu'on ne veut pas voir.
« J'aimerais que quelqu'un qui ne peut pas marcher 
trouve à son état des compensations qui peuvent le rendre heureux, 
oui, j'aimerais montrer que si les regards et les comportements changeaient, 
le handicap ne serait pas si lourd. »
« La haine ne peut pas être un engrais à progrès. »
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Handi-Gang / Cara Zina.- Libertalia, 2017

"La haine ne peut pas être un engrais à progrès." p. 173
Sam est un jeune paraplégique en fauteuil électrique. Il prépare son bac en milieu ordinaire, il est d’ailleurs le seul de son lycée dans ce cas. Djenna, sa mère, est une algérienne qui s’est révoltée contre l’oppression de sa famille. Cette fibre contestataire Sam la sent aussi en lui. Il fonde l'Handi-Gang, une espèce d’intersyndicale du handicap, dans le but de fédérer les énergies et de lutter contre l’inaccessibilité et la discrimination. Il s’agit de faire évoluer peu à peu les esprits et les regards. Esprit de rébellion mais pas de révolution. Pourtant, Sam n'a pas plus une âme de chef que cela et son leadership est vite contesté par de plus virulents. La machine s’emballe, le cap de la légalité et de la non-violence s’éloigne, le club de bons amis se transforme en un repaire de justiciers. Les actions de sensibilisation sont balayées par des pillages organisés, des expéditions punitives, des plasticages d’établissements. Mais où tout cela va-t-il mener ?
On se sent un peu dans la veine Des brigades du rire de Gérard Mordillat c’est-à-dire d’une critique sociale sous forme de comédie, avec des personnages pittoresques type Pieds nickelés. Lecture agréable.  
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Avis : **

La Tanche / Inge Schilperoord. - Belfond, 2017

« Les gens ne tenaient pas à le fréquenter, il en avait toujours été ainsi. Mais la nature l’acceptait tel qu’il était. » p. 12
C’est un roman sinistre à souhait, dérangeant, troublant, suffocant et génial. Jo, accusé d’acte de pédophilie, est relâché faute de preuves suffisantes. En dépit d’un fort risque de récidive diagnostiqué par le psychologue, sans obligations de soins, il reprend sa terne vie au côté de sa mère et à l’usine de traitement de poissons. Il a à cœur de devenir meilleur, de ne plus être un salaud, de ne pas retourner en prison. Avec une grande détermination, il fait régulièrement les exercices de son manuel de thérapie et se livre à un véritable et régulier combat contre la survenance de pulsions indésirables. Il a établi des règles et un emploi du temps stricts pour éviter les dérives. Avec sa mère asthmatique, il est un modèle de serviabilité. Oui mais il y a Elke, cette gamine d’une dizaine d’années qui s’est attachée à son chien et qui lui colle aux basques. Il aimerait bien l’éloigner mais c’est qu’elle est attachante la petite, esseulée, en manque d’affection (sa mère travaille toute la journée au bar du port et le père n’est plus là) et bien jolie aussi. Il ne peut décidément pas s’en passer mais respectera une distance de sécurité, il n’y aura, c’est juré, pas de geste équivoque. Dans la chambre de Jo, il y a une tanche installée dans son aquarium. La légende attribue à l’animal des vertus thérapeutiques. Peut-elle l’aider à guérir, elle-même étant blessée ?
Une incroyable plongée dans le psychisme d’un pédophile. La romancière nous perturbe en nous faisant entrer en empathie avec un individu peu recommandable. Avec des accents dostoïevskiens, elle oriente le projecteur sur l’ambiguïté des sentiments et interpelle les mécanismes de l’érotisme. Elle questionne les réactions à la sensualité des enfants. Renforcement d’une affection désintéressée pour les uns, pulsion sexuelle violente et volonté de posséder pour d’autres. C’est un sacré premier roman d’une force, d’une profondeur et d’une maîtrise juste stupéfiantes. Coup de cœur.
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Avis : ***

La Religion de ma mère / Karim Akouche. - Ecriture, 2017

"A coups de sourates, on s’attaquait au bon sens, à la liberté, à la femme et à la démocratie." p.62
"Aujourd’hui, maman est morte", ainsi et à la façon de L’Étranger d’Albert Camus aurait pu commencer ce roman. Mirak, le narrateur, exilé depuis dix ans, en France puis au Québec, retourne en Algérie pour mettre sa mère en terre. A travers de très courts chapitres, il se remémore l’époque où il faisait les quatre cents coups et déambule sur les traces de son passé. Il retrouve sa famille (père, frère jumeau, sœur, cousin...), les anciens amis, son premier amour… mais va de désillusion en désillusion. Est-ce réellement là le pays de son enfance ? L’Algérie est devenue violente, corrompue, folle. Roman agréable mais qui vaut surtout pour quelques saillies qui n’ont pas eu l’heur de plaire aux intégristes de son pays. Malgré le beau portrait d’une mère, le récit n’a pas les qualités du Petit pays d’un Gaël Faye et le style très basique est aux antipodes de certains autres écrivains exilés au Québec (voir la flamboyance d’un Sergio Kokis par exemple).
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Avis : **

Une fille de... / J. Witek. - Actes sud, 2017. - (D'une seule voix)

Un jour, l'enfant perd son innocence et éprouve la cruauté du monde. Pour Hannah, ce fut le moment où elle découvrit qu'on regardait sa mère avec méchanceté, qu'on la calomniait. Hannah comprend que sa mère est une prostituée, Hannah comprend surtout que le monde juge cela sévèrement, hypocritement. Avec la connaissance qu'elle a du passé de sa mère, de la violence des hommes, est-elle en capacité de vivre l'amour ?
Il y a une tension dans ce court texte, imagée par une course à pied, qui tente la jonction entre la colère et la douleur du passé et la volonté de se construire un avenir assumé et apaisé, en capacité d'accueillir l'amour. Avec un modèle du genre : celui d'une mère à sa fille.
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Quand je serai très vieux... / O. Ka ; C. Chaix. - Notari, 2017

On n'aimerait pas trop le rencontrer, ce vieil homme imaginé par l'enfant narrateur. Un archétype de vieux râleur capricieux et autoritaire... A l'inverse de l'enfant lui-même, qui nous séduit par son regard drôle et finalement tendre sur ce qu'il pourrait devenir dans 50, 60, 100 ans, et sur son aïeul.
Le dessin, au crayon bic, exprime toute l'imagination décalée de l'enfant.

Le grand jour / F. Roussel. - P'tit Glénat, 2017

Maman coccinelle annonce qu'il est temps d'apprendre à voler. Mais petite coccinelle est terrorisée à cette idée et devant l'énumération de toutes les peurs (du soir, du noir, de tomber... de tout !), maman abdique : « Tu peux aller t'amuser ».
François Roussel explore avec beaucoup d'humour la peur qui paralyse et empêche de voir tout ce dont on est capable.
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Comme toi / J.-B. Del Amo ; P. Martin. - Gallimard, 2017

Ce sont des lapereaux, des veaux, des singes, tigres et autres bébés animaux qui s'adressent à l'enfant : comme toi, ils aiment jouer, être à l'abri, sont gourmands, fuient la souffrance, s'expriment.... Comme toi, tous sont uniques.
Un formidable plaidoyer antispéciste, limpide, doux qui convie l'enfant à une vision empathique et égalitariste de tous les vivants, animaux humains et non humains.

Irena t.1 : Le Ghetto / J.D Morvan, S. Tréfouël ; D. Evrard. -Génat, 2017 - (Tchô !)

1940 : les nazis ont envahi la Pologne. A Varsovie, les Juifs ont été parqués dans le ghetto, Seuls peuvent y entrer les membres du département d'aide sociale, dont Irena  fait partie, et apporter des vivres et du soutien. Modèle de courage, Irena n'hésite pas à prendre des risques pour alléger un peu les souffrances. Ce courage fera d'elle une  d'être reconnue "Juste parmi les nations"
Malgré un dessin très enfantin, cet album porte un propos d'une grande noirceur puisqu’il y a des scènes de tortures en fin d'album. Il paraît donc nécessaire d'en encadrer la lecture et d'accompagner les plus jeunes. 

Groenland vertigo / H. Tanquerelle. - Casterman, 2017

Georges Benoît-Jean, dessinateur maladroit et angoissé, accepte de participer à une expédition au Nord-Est du Groenland. Il navigue avec Kloster, sculpteur allemand, un peu névrosé et parano, qui veut installer un faux derrick afin de dénoncer le réchauffement climatique, et Jon Fruechen plus intéressé par des bouteilles de whisky que par l'expédition. Situations rocambolesques sont  en vue.
BD d'aventures. C'est plein de rebondissements, les décors sont sublimes. L'auteur fait par ailleurs un clin d’œil à Hergé et à sa ligne claire. On retrouve l'atmosphère de Tintin dans les bulles, les signes de ponctuation...
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5 mondes t.1 : La guerre de sables / M. Siegel, A. Siegel ; X. Bouma, M. Rockefeller, B. Sun. - Gallimard Bande Dessinée, 2017

Ooana Lee est apprentie magicienne, danseuse de sable. Les 5 mondes qui forment son univers courent un grave danger.  Le seul moyen de les sauver est de rallumer 5 phares antiques, éteints depuis très longtemps.
Pavée de 250 pages, les 5 mondes est une épopée de space-fantasy, d'aventures familiales au rythme effréné sur fond d'écologie.  Le scénario épique initie le lecteur à la géopolitique, l'écologie, valorise la solidarité. Fortes chaleurs, pénurie d'eau, rumeurs de guerre sont au programme de cette très bonne BD. 

Le monde à tes pieds / Nadar - La boite à Bulles, 2017

Nadar nous propose ici l'histoire de 3 personnes qui ne sont pas épanouies dans la vie. Il s'agit de Carlos, ingénieur surdiplomé travaillant dans un magasin de vêtement. Lorsqu'il se voit proposer un travail à Tallin, il l'accepte mais s'attire les foudres de son compagnon. Il y a David, en mal de sexe, sans emploi qui décide de devenir gigolo pour une femme plus âgée. Enfin, on a Sara qui végète comme démarcheuse alors qu'elle était promise à une belle carrière. Elle devient aigrie et n'hésite pas à accuser avec une certaine virulence la société que ses parents lui ont léguée.
A travers, ces trois histoires, l'auteur nous montre une société espagnole malade, traversée par le crise économique. Ils sont les témoins de cette génération sacrifiée où l'ascension sociale ne marche plus. 
Le graphisme réaliste nous immerge avec une intensité plus dramatique dans cette société espagnole.
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